NOVEMBRE 2018

On recrute !! Venez vivre avec nous l'aventure médiévale !


RIEN ce mois ci ...le repos des guerriers!

ASSEMBLÉE GENERALE
le 20/01/2019

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Entrainements

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Ven 04 JAN Entraînement à Castres
Ven 18 JAN Entraînement à Castres

Alfonso de Lusitanie


Docteur es lames
le Mire : Méfiez-vous de l'eau qui dort... Sous des apparences placides, c'est un bagarreur qui ne refuse jamais un combat. C'est aussi notre maître d'armes, ainsi que le chirurgien de la Compagnie, il présente, sans surprise, la médecine.
   

Tous les enfants, un jour, ont rêvé d'être Roi, à la tête de centaines de chevaliers. Tous sauf moi.
Fi de rêves, c'est là mon destin. En l’an 1180, je suis né Raimondo Sanches de Portugal. Mes deux soeurs aînées, Tereza et Sancha ne pouvant prétendre à la couronne, je suis légitime héritier du jeune royaume du Portugal, que mon grand-père Alfonso Henriques a érigé de son épée dans le sang des Maures. Du moins, c’est ainsi que me le conte mon précepteur lors de nos leçons. Le mire de mon père est plus circonspect. J’ai une santé fragile. Le mal qui m'étreint la poitrine et m’empêche parfois de respirer, phagocyte ma croissance. Mon père, Sanche Ier n’affiche nul remord, mais je sens sa déception quand on évoque sa lignée et j’en souffre.

A cinq ans, je découvre celui qui mettra fin à ma vie. La reine, Douce d’Aragon, ma tendre mère, a donné naissance à un petit Alfonso, robuste et joufflu, je ne peux lutter contre mon propre sang. Mon grand père, déjà très âgé, s’éteint la même année. Je le pleure longtemps, il reste à jamais mon idole. Mon père devient Roi, je devrais crier ma joie, pourtant mon coeur se serre. Chaque année qui passe rend mon frère plus fort, creusant encore le fossé avec mon corps martyrisé. Ma fragilité éveille l’inquiétude des grands vassaux de mon père, comme celle des autorités religieuses. Le royaume du Portugal a enfin été reconnu par le Pape, l’année précédent ma naissance. L’Eglise a besoin d’un souverain fort pour poursuivre la Reconquista initiée par mon grand père. Mon père et ses barons enchaînent les assauts pour reprendre pied à pied, les terres volées par l’envahisseur musulman. A chaque attaque, à chaque prise de risques, la succession est évoquée, avec les mêmes craintes, tant et si bien que les évêques demande audience à mon père.

Dans la pénombre d’une salle du château où j’ai grandit, un conseil de seigneurs et d’ecclésiastiques prennent la mesure de ma vie. Une poignée de barons souhaitent que je sois destitué de mes droits héréditaires, au profit de mon frère Alfonso. D’autres, plus pragmatiques, invoquent ma mort pour taire toute contestation de lignage. Le Roi, mon père, s’y refuse. S’il condamne mon corps souffrant, cet amoureux des lettres et des arts, apprécie pour autant ma vivacité d’esprit. Il se plie donc à la proposition d’un des évêques présents. Je perd tout droit à la couronne et serai confié à un ordre monastique pour y faire mon noviciat. Tandis que je prends la route pour la province de Santarém, une cérémonie fantoche met fin à la courte vie de Raimundo de Portugal. Je ne saurai jamais le nom de l’enfant qui m’a remplacé dans le caveau qui m’était destiné, ni même si mes parents m’ont pleuré.

Chahuté par les chaos de la route qui mène à la forteresse de Coruche, je laisse virevolter mon regard dans le paysage printanier en essayant d’ignorer la douleur de la séparation. L’évêque qui m’accompagne me tire de ma rêverie. Il me fait comprendre, sans ménagement, que je suis désormais orphelin et que j’ai interdiction d’évoquer ma haute naissance sous peine de disparaître, de facto. Je le regarde, hagard, le poids de la menace me terrasse. Je dois choisir un nouveau nom de baptême. En hommage au seul homme qui ne m’ait jamais trahit, je choisis celui d’Alfonso, comme mon grand père. Et peu importe que ce soit le prénom de mon frère. Il a volé ma vie, il me doit bien un patronyme!

J’ai neuf ans quand je suis confié aux frères d’Evora. Faible, désespéré, je n’attends plus rien de la vie.
Contre toute attente, dans les larmes et la souffrance, la rigueur cistercienne de la règle de St Benoît que suivent les frères renforce ma détermination. Le climat plus sec de la province de Santarém atténue mon mal et les exercices journaliers fortifient mon corps. J’apprend le maniement des armes. J’étudie les stratégies, l’histoire, la théologie. Les frères ont confiance en moi, je gagne ma place par mon sang et ma sueur comme l’avait fait mon grand-père pour le royaume.
Je suis armé frère d’Evora à quinze ans. Je peux désormais porter la livrée immaculée flanquée de la croix de sinople enhendée. Les incursions Maures sont nombreuses, nous sortons tous les jours bouter l’envahisseur hors du royaume. Lors de la guerre de Formi, je reçois un mauvais coup de bouclier d’un musulman belliqueux et perd les dents de devant. Cela n’entame en rien ma rage, mais mon sergent m’envoie à l’infirmerie. Je ne connais que trop ce lieu, j’ai beau être un combattant dans l’âme, mon corps me trahit encore trop souvent dans la bataille. Le frère qui éponge mon sang me parle de sa vocation, de son engagement, de son combat pour sauver des vies, de sa lutte pour le royaume. Serait-ce la main de Dieu qui m’a guidé jusqu’à cet homme?
Je passe de plus en plus de temps au côté de frère Damiano, je l’assiste, mais mon ignorance est grande. Sans connaissances de médecine, je ne suis qu’un piètre frère pour mon ordre. Je confie ma frustration au grand Maître d’Evora qui me mande en France où l’Ordre a des accords diplomatiques. Les mentors sont nombreux à Paris. La bourse d’étude qui m’est octroyée devrait me permettre d’y suivre de convenables études. Par la grâce de l’Ordre, un chemin fleuri se déroule devant moi...

Après de longues semaines de carrosses et de bateaux, j’arrive enfin en vue de Paris. L'effervescence y règne, on y construit depuis quelques années une gigantesque cathédrale qui draine une foule bigarrée d’artisans et de tire-laine. Je trouve à loger près de l’église Saint Denis, tout m’étonne, tout est si différent. Je trouve assez facilement des mentors qui m'enseignent la scolastique et les sciences. Nous nous réunissons entre étudiants sous les halles pour suivre les enseignements de nos maîtres ou parfois dans des tavernes jusqu’à tard dans la nuit, quand la boisson remplace les leçons. Je découvre la bonne chaire, mes nouveaux compagnons de bacchanales mettant un point d’honneur à combler les lacunes d’une enfance ascétique. J'écluse les pires bouges de Paris, joueur, bagarreur, roublard, les bas-fonds me célèbrent au nom du “Lusitanien” , tandis que s’envole mon avenir. Si loin de la rigueur cistercienne, je suis happé par la tourmente des plaisirs faciles et je m’y noie avec délectation.
Lors d’une fête de l’âne, où j’assiste à la parodie de crucifixion d’un de mes frères de lices par des soudards grimés en barbares Nordiens, je rencontre une jeune fille dont je tombe éperdument amoureux. Elle se prénomme Julie et travaille dans les ateliers de laine du quartier où je vie. Un nouvel ange envoyé par le divin pour éclairer ma route. Par amour, j’abandonne la noirceur des rues qui m’accueillaient jambes ouvertes, je ne serai pas cet homme. Je ne donnerai pas raison à ceux qui m’ont enterré...

En 1200, Philippe Auguste, le Roi de France, inaugure l’Université de Paris. Nous rêvons tous d’y être admis mais la sélection est drastique et peu nombreux sont les élus. J’ai repris les études, gommant ce qu’il restait du “Lusitanien”. Julie m’aide à lutter contre mes démons, chaque jour je travaille à ne pas sombrer à nouveau.
En 1200, Philippe Auguste, le Roi de France, inaugure l’Université de Paris. Nous rêvons tous d’y être admis mais la sélection est drastique et peu nombreux sont les élus. J’ai repris les études, gommant ce qu’il restait du “Lusitanien”. Julie m’aide à lutter contre mes démons, chaque jour je travaille à ne pas sombrer à nouveau.
Mes efforts paient et j’intègre l’université deux ans plus tard. Les cours sont ardus, je côtoie des esprits brillants venus d’Orient, d’Al-Andalous et de Constantinople. Je passe quelques années épuisantes travaillant sans cesse pour compenser ce que j’ai bu et joué à mon arrivé à Paris. Je cache ma relation avec Julie à mon Ordre. Si mes frères, l'apprenaient, je serais lourdement sanctionné, sûrement banni de l’Ordre. Il est si triste d’être coupable d’aimer et de taire son amour quand on voudrait le clamer sur les toits.

En 1208, quand le Pape Innocent III appelle à la croisade contre les hérétiques occitans, je suis déjà doctorant depuis un an. Mon Ordre, comme de nombreux autres Ordres chrétiens, soutient le Saint Père. Je suis déployé dans les Sud pour rejoindre mes frères combattants. Dorénavant je supervise les frères soigneurs d’Evora qui accompagnent les armées croisées. Nous sommes des milliers à avoir répondu à l’appel de la Vraie Croix, les occitans n’offrent qu’une maigre résistance et courent se terrer dans leurs places fortes comme de lâches. Raymond VI s’est soumis à la Croisade et seul Raimon Roger Trincavel, Vicomte de Béziers, du Razès, d’Albi et Carcassonne tient encore tête au Légat Arnaud Amaury, en quémandant des négociations pour sauver ses traîtres vassaux.
La grande armée croisée s’arrête devant Béziers, les remparts sont solides, sa prise ne sera pas aisée. La Croisade impose ses conditions, que ces fous de Capitouls qui tiennent la ville refusent en bloc. Le siège s’organise, je me prépare, mais contre toute attente, les occitans jouent les bravaches et viennent narguer nos troupes irrégulières qui réussissent à entrer dans la ville. S’en suit un massacre. Femmes et enfants sont passés au fil de l’épée, sans distinction. Ce n’est pas le premier saccage auquel j’assiste, mais je vois pour la première fois des chrétiens se massacrer entre eux au nom du Christ…
Carcassonne tombe peu après, la terreur forgée par Béziers a fait son œuvre. Trincavel est jeté dans ses propres geôles où il meurt quelques mois passés.
Albi se rend, tête basse, nous n’avons même à lutter. Simon de Monfort, le Capitaine de nos armée est investi de la pleine autorité sur toutes les terres conquises. Les languedociens se rendent les uns après les autres, tandis que les massacres continuent. Je doute de plus en plus de la raison de notre croisade. Je prends du recul et m’établit à Albi, profitant d’un répit de la guerre. Julie m’a suivi, nous vivons toujours cachés, dans la crainte que notre secret ne soit dévoilé.

L’année suivante, mon père, Sanche Ier de Portugal, meurt. Cela m’affecte énormément bien qu’il ait été l’un des acteurs de mon exil. Il m’a aimé, je n’en ai jamais douté et je ne pourrais l’honorer comme un fils devrait le faire. Les doutes de mon engagements pour la Croisade qui grandissent, mêlés à la mélancolie qui découle du décès de mon père, me pousse à quitter l’Ordre… et la Croisade. Las, écœuré des massacres perpétrés, j’écris au grand maître des frères d’Evora qui consent à assouplir mon ministère à la condition que j’ouvre un hospitalet dans l’Albigeois. J’accepte de bonne grâce ce délais aux vicissitudes du destin.
Mon frère, Alfonso II devient roi, il confie la protection de la ville d’Aviz à mon Ordre qui prend, dès lors, le nom d’Ordem de São Bento de Avis.
Monfort gagne en puissance, il convoite maintenant tout le Sud, la croisade devient une lutte politique, ses fidèles vassaux perpétuent des exactions aux quatre coins de l’Occitanie, je suis de plus en plus en contradiction avec cette Croisade qui a oublié Dieu en chemin.

Lors d’une fête donné au Puy de Bonafous, je rencontre un groupe d’occitans avec qui je sympathise. La confiance venant, ils me confient être des faydits des hauts de Mazamet, récemment dévasté par Montfort, qui se cachent des persécutions des Croisés. Je ne tais rien de mon engagement, ils ne me jugent pas. J’apprends le paratge occitan, la noblesse de coeur. Le Baron Philippe de Lautrec en est l’exemple incarné. Je me lie particulièrement d’amitié avec un seigneur déchu, Grégoire d’Yvoire, qui par le jeu du destin vient également de Savoie, tout comme ma grand mère, Mathilde. Nous échangeons beaucoup à la veillée, il me conte en riant sa fugace noblesse, je lui confie mes doutes sur la Croisade, ma souffrance de ne pouvoir vivre au grand jour mon amour. Il m’avoue que la liberté a un prix, mais que vivre libre n’en a pas…

En 1213, à Muret, Pierre II d’Aragon meurt. cet allié de toujours du Portugal serait bien affligé de voir le royaume déchiré par des querelles fratricides. Mon frère, Alfonso, est en lutte avec le reste de la fratrie qu’il a poussé à l’exil. Je repense aussi à mon père excommunié pour avoir voulu défendre son royaume contre la cupidité de Rome, alors qu’il avait défait les musulmans pour la gloire du Christ. Tout se mélange dans ma tête, jusqu’à la nausée… Je comprends enfin le prix de la liberté.
J’avise le grand maître de mon Ordre que je mets fin à mon ministère. Je me sais désormais renégat aux yeux de Rome, mais peut m’importe, j’en ai fini avec cette Croisade absurde. Je choisis la liberté quel qu’en soit le prix. Le destin m’a fait Prince, puis moine, puis vagabond. Fi d’espérer, je choisis désormais ma vie !
J’épouse enfin Julie en secret dans la chapelle St Cécile d’Albi, avant de rejoindre mes amis faydits sur les routes d’Occitanie. Par défi, je conserve le prénom volé à mon frère, le sobriquet qui a failli me perdre et la livrée témoin de mon histoire. Je suis Alfonso de Lusitanie, ancien frère d’Evora et je n’ai désormais qu’une famille, celle des Seigneurs d’Hautpoul.



"D'argent à la croix d'azur, cantonné d'une croix de sinople enhendée au chef senestre, chargée d'une couleuvre de sable."





La médecine médiévale est bien différente de la médecine actuelle
à suivre...

Étienne de Gorsse
Arn l'Ecarlate
Guillaume d'Usson
Dame Christine
Tapedur
Alfonso de Lusitanie
Balian Taillefer
Kevin

Papy
Jacques
Alexis le Goupil
Coquelet
Arthur
Mirko
Dans nos coeurs